
13e rente AVS : qui paie vraiment et quel impact pour les RH ?
La 13e rente AVS arrive dès décembre 2026. Mais une question reste ouverte : qui va vraiment financer ? Et surtout, quel impact pour les salaires et les RH ?
Chaque année apporte son lot d’ajustements.
Mais 2026 marque un tournant important pour les assurances sociales suisses.
Pas parce qu’elle bouleverse tout, mais parce qu’elle vient corriger, compléter et rééquilibrer un système d’assurances sociales sous pression : vieillissement de la population, hausse des coûts de la santé, parcours professionnels fragmentés.
Entre la 13ème rente AVS, l’entrée en vigueur de TARDOC, la hausse des primes-maladie et plusieurs adaptations structurelles, les impacts seront concrets pour les assurés, les employeurs et les Gestionnaires RH, Spécialistes payroll et Généralistes en assurances sociales.
Voici l’essentiel, en un coup d’œil.
Le versement d’une 13e rente de vieillesse AVS, pour la première fois en décembre 2026, est avant tout un choix de société.
Il répond à une réalité simple : pour de nombreux retraités, les rentes existantes ne suffisent plus à absorber l’augmentation du coût de la vie.
Concrètement, il ne s’agit pas d’une nouvelle rente indépendante, mais d’un supplément équivalant à un douzième des rentes de vieillesse perçues durant l’année.
Elle sera versée automatiquement, en même temps que la rente de décembre.
Situation
La personne A prend sa retraite le 1er mars 2026.
Elle perçoit donc une rente AVS de vieillesse pendant 10 mois en 2026 (mars à décembre).
| Élément | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Rente mensuelle versée (mars à décembre 2026) | Montant mensuel AVS | CHF 1’950.– |
| Part mensuelle de la 13e rente | 8,3333 % de CHF 1’950.– | CHF 162.50 |
| 13ème rente versée en décembre 2026 | 10 mois × CHF 162.50 | CHF 1’625.– |
Situation
La personne B est à la retraite depuis 2020.
Son conjoint prend sa retraite le 1er juillet 2026.
À partir de juillet 2026, la rente de B est recalculée et plafonnée conformément aux règles applicables aux couples mariés.
La personne B perçoit donc :
| Période | Rente mensuelle | Base de calcul | Calcul part 13e rente | Montant |
|---|---|---|---|---|
| Janvier à juin 2026 | CHF 2’520.– | Rente non plafonnée | 8,3333 % de CHF 2’520.– | CHF 210.– |
| Juillet à décembre 2026 | CHF 1’890.– | Rente plafonnée (couple marié) | 8,3333 % de CHF 1’890.– | CHF 157.50 |
| 13ème rente versée en décembre 2026 | — | — | 6 × CHF 210.– 6 × CHF 157.50 |
CHF 2’205.– |
Mais son importance est ailleurs.
Elle est explicitement exclue du calcul des prestations complémentaires, afin de ne pas neutraliser son effet redistributif.
En revanche, elle concerne uniquement les rentes de vieillesse : les rentes AI, de survivants ou pour enfants restent versées douze fois par an.
Le marché du travail évolue. Les contrats courts, les missions ponctuelles et les activités artistiques ou créatives sont de plus en plus fréquents.
En parallèle, le système de prévoyance suisse repose sur une idée forte : la continuité des cotisations.
Or, cette continuité est de plus en plus difficile à garantir.
Dès 2026, l’obligation de cotiser à l’AVS s’applique dès le premier franc pour certaines activités exercées de manière ponctuelle.
C’est notamment le cas pour les personnes actives ponctuellement dans les chœurs, les musées, le design ou les médias.
L’objectif est simple :
éviter que des personnes actives toute leur vie se retrouvent, à la retraite, avec des lacunes de cotisation.
À partir de 2026, certains montants de référence sont ajustés, avec des effets concrets pour les pratiques RH et payroll.
Dès 2026, le montant maximal des primes versées par l’employeur en cas de réussite à un examen professionnel est relevé.
Une évolution discrète, mais révélatrice d’une volonté de mieux reconnaître l’investissement des collaborateurs dans leur développement professionnel, sans alourdir les charges sociales.
Le même seuil s’applique désormais aux cadeaux en nature accordés par l’employeur : tant que leur valeur n’excède pas CHF 600.- par année, ils restent exclus du salaire déterminant. Là aussi, le plafond était fixé à CHF 500.- jusqu’en 2025.
Côté indépendants, une autre évolution va dans le même sens.
Lors de la cessation d’activité, les bénéfices de liquidation génèrent parfois d’importantes différences de cotisations. Jusqu’ici, cela pouvait entraîner des intérêts moratoires élevés.
Dès 2026, ces intérêts disparaissent si les bénéfices sont annoncés à temps et les cotisations réglées dans les délais.
La hausse des primes en 2026 ne surprend plus.
Avec une prime moyenne mensuelle de CHF 393.30, l’augmentation de 4,4 % s’inscrit dans une tendance désormais structurelle. Les enfants seront particulièrement concernés (+4,9 %).
Ce qui change, en revanche, c’est la réponse politique. 👇
L’entrée en vigueur du contre-projet à l’initiative sur l’allégement des primes impose aux cantons une responsabilité minimale dans le financement des réductions. Ils devront aussi définir un objectif social, c’est-à-dire une limite acceptable de la charge que représentent les primes pour les ménages, même lorsque les coûts de la santé augmentent.
Dès 2026, les cantons doivent :
Le 1er janvier 2026 marque la fin de TARMED et l’entrée en vigueur d’un nouveau système tarifaire global.
Deux logiques coexistent désormais :
Une règle est claire : pas de facturation mixte.
Ce nouveau système vise à simplifier les factures, mieux refléter le temps réellement consacré aux patients et limiter les incitations à multiplier les actes.
Il est conçu pour être globalement neutre en coûts, mais il entraînera une redistribution des revenus entre spécialités médicales.
Il s’agit donc d’un changement technique, mais qui aura des conséquences concrètes sur l’ensemble du système de santé.
Il aura aussi des effets sur l’AI, la LAA et l’assurance militaire.
Dès 2026, certaines vaccinations et les conseils associés seront exemptés de la franchise dans l’assurance de base (la quote-part reste due) et ce afin de favoriser la prévention.
En parallèle, le régime des allocations pour perte de gain poursuit sa transition numérique.
Les demandes APG pour Jeunesse + Sport pourront être déposées en ligne dès février 2026, avant une généralisation progressive aux autres formes de service.
Le papier reste possible, mais la logique est claire : digital first.
Une évolution mérite l’attention :
Les cotisations manquées dans le pilier 3a pourront être rattrapées rétroactivement, dans un délai de dix ans, avec maintien de la déduction fiscale l’année où ils sont effectués.
Les rentes de survivants et d’invalidité de la prévoyance professionnelle (LPP) dont le droit est né en 2022 feront l’objet, en 2026, de leur première adaptation au renchérissement. Cette adaptation sera fixée à +2,7 %, afin de tenir compte de l’évolution des prix.
Les rentes antérieures à 2022 ne sont pas concernées à ce stade et ne pourront être adaptées au plus tôt qu’en 2027, en coordination avec les adaptations AVS.
Les rentes de vieillesse LPP, quant à elles, continuent d’être adaptées par les institutions de prévoyance dans la limite de leurs possibilités financières.
Enfin, le taux d’intérêt minimal LPP applicable en 2026 reste inchangé, à 1,25 %, confirmant le maintien d’une approche prudente.
2026 n’est pas une révolution.
C’est une année d’ajustement, où les assurances sociales tentent de mieux coller aux réalités économiques et sociales actuelles.
Pour les professionnels RH et des Assurances sociales, l’enjeu n’est pas seulement de connaître ces changements, mais de les traduire, de les expliquer et de les intégrer dans une vision d’ensemble.
Comprendre, c’est une étape. Appliquer, c’est une compétence. Nos formations sont là pour ça.

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